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3. Séparation latérale — Partie 1

🧭 Séparation latérale — Partie 1

Application, virages et aides de navigation — contrôle aux procédures

🎯 L’essentiel

🛡️ Intervalle tampon

La distance entre les tronçons de routes ne descend jamais sous la valeur couvrant les erreurs de navigation, majorée d’un intervalle tampon fixé par l’autorité compétente.

🧭 Comment l’obtenir

Routes distinctes ou points géographiques différents identifiables : à vue, par radionavigation ou par RNAV.

↪️ Les virages d’abord

Un virage qui enfreindrait le minimum impose un autre type ou un autre minimum de séparation avant que l’aéronef ne l’amorce.

📐 Minimums par moyen

VOR : 15° / 28 km (15 NM). NDB : 30° / 28 km (15 NM). GNSS et VOR/GNSS : distance d’un point commun selon le tableau.

🛡️ Application de la séparation latérale

La séparation latérale sera appliquée de manière que la distance entre les tronçons des routes prévues ne soit jamais inférieure à une valeur déterminée pour tenir compte des erreurs de navigation, augmentée d’un intervalle tampon spécifié. Cet intervalle tampon est fixé par l’autorité compétente et incorporé dans les minimums de séparation latérale, dont il fait partie intégrante.

ℹ️ Tampon déjà inclus

Les minimums normalisés de séparation latérale intègrent déjà un intervalle tampon approprié : il n’est pas à ajouter une seconde fois.

Comment la séparation est réalisée

La séparation latérale des aéronefs est assurée en leur demandant de suivre des routes distinctes ou de survoler des points géographiques différents identifiables :

  • à vue ;
  • au moyen d’installations de radionavigation ;
  • par l’utilisation d’un équipement de navigation de surface (RNAV).
⚠️ Panne ou dégradation de navigation

Si l’ATC reçoit l’information d’une panne de l’équipement de navigation, ou d’une dégradation de ses performances sous les performances de navigation requises, il appliquera des méthodes ou des minimums de séparation de remplacement, selon les besoins.

⚖️ Marge laissée aux États

Les États peuvent établir d’autres minimums pour des cas non prévus, ou des conditions supplémentaires à un minimum donné, à la seule condition que le niveau de sécurité propre à la séparation latérale et longitudinale soit préservé à tout moment.

↪️ Les virages : un point sensible

Lorsque la route suivie comporte un virage spécifié tel que le minimum de séparation latérale sera enfreint, un autre type de séparation ou un autre minimum sera appliqué avant que l’aéronef n’amorce le virage.

1
Virage à survoler → extérieur
L’aéronef passe à la verticale du point de cheminement avant d’amorcer le virage, puis manœuvre pour s’engager sur le parcours suivant. Sa trajectoire se situe à l’extérieur du point ; le minimum peut être enfreint pendant la manœuvre, ce qui impose d’augmenter la séparation du côté extérieur du virage.
2
Virage par le travers → intérieur
L’aéronef peut amorcer le virage jusqu’à 37 km (20 NM) avant le point de cheminement et s’écarter jusqu’à 16,7 km (9,0 NM) de ce point. Sa trajectoire se situe à l’intérieur : risque d’empiéter sur une zone réglementée, interdite ou dangereuse, ou sur une route située à l’intérieur du virage.
Route sur la carte Trajectoire suivie WPT À survoler · extérieur WPT Par le travers · intérieur
ℹ️ Pourquoi les trajectoires diffèrent

Chaque aéronef calcule son propre rayon de virage selon ses performances, sa vitesse, son altitude, son angle d’inclinaison latérale (AOB) et le vent. Les écarts sont plus marqués aux altitudes élevées et aux grands angles de virage.

📄 Rayon fixe (FRT) et arc jusqu’à un repère (RF)

Sur les routes RNP de croisière publiées, le rayon de virage d’une transition à rayon fixe (FRT) est spécifié par le concepteur de l’espace aérien ; le FMC/FMS amorce le virage là où la trajectoire est perpendiculaire au rayon. Le parcours en arc de rayon constant jusqu’à un repère (RF) assure une performance de virage invariable, donc prévisible pour le contrôleur.

📐 Critères et minimums de séparation latérale

Par référence à des points géographiques

La séparation est assurée d’après les comptes rendus de position indiquant formellement que les aéronefs se trouvent au-dessus de points géographiques différents, cela ayant été déterminé visuellement ou par référence à une aide de navigation.

Sur routes ou routes ATS sécantes — NDB, VOR, GNSS

La séparation est assurée en prescrivant aux aéronefs de suivre des routes spécifiées, séparées par un minimum approprié à l’aide de navigation utilisée. Elle est réalisée lorsque l’une des conditions suivantes est remplie :

a
VOR
Les deux aéronefs stabilisés sur des radiales divergeant d’au moins 15°, l’un d’eux à 28 km (15 NM) ou plus de l’installation.
b
NDB
Les deux aéronefs stabilisés sur des routes en rapprochement ou en éloignement du NDB, divergeant d’au moins 30°, l’un d’eux à 28 km (15 NM) ou plus de l’installation.
c
GNSS / GNSS
Chaque aéronef confirmé stabilisé sur une route à zéro décalage entre ses deux points de cheminement, l’un au moins à la distance minimale d’un point commun donnée par le tableau.
d
VOR / GNSS
L’aéronef au VOR stabilisé sur une radiale vers ou depuis le VOR ; l’aéronef au GNSS confirmé à zéro décalage ; l’un au moins à la distance minimale d’un point commun donnée par le tableau.
28 km (15 NM) 15° VOR

Séparation au moyen du même VOR — radiales divergeant de 15°, un aéronef à 28 km (15 NM) ou plus.

28 km (15 NM) 30° NDB

Séparation au moyen du même NDB — routes divergeant de 30°, un aéronef à 28 km (15 NM) ou plus.

Séparation latérale — aéronefs utilisant le VOR et le GNSS
Différence angulaire entre les routes, mesurée au point commun (°) Aéronef 1 : VOR ou GNSS — Aéronef 2 : GNSS
Distance par rapport à un point commun
FL010 – FL190 FL200 – FL600
15 – 135 27,8 km (15 NM) 43 km (23 NM)

Les distances du tableau sont des distances sol. Lorsque le DME fournit l’information de distance, tenir compte de la distance oblique entre la source du signal DME et l’antenne réceptrice.

Conditions propres à la séparation fondée sur le GNSS

1
Vérifications avant application
Avant d’appliquer une séparation de route fondée sur le GNSS, le contrôleur confirmera : que l’aéronef navigue au GNSS ; et, si des décalages latéraux stratégiques (SLOP) sont autorisés dans l’espace aérien, qu’aucun décalage latéral n’est en cours d’application.
2
Points de cheminement
Privilégier les points de cheminement issus de la base de données de navigation ou transmis par liaison montante au système de gestion de vol, plutôt que saisis manuellement. En cas de saisie manuelle, se limiter à des incréments de un demi-degré ou un degré en latitude et longitude.
3
Intégrité du récepteur
La séparation de route fondée sur le GNSS ne sera pas appliquée lorsqu’une panne du contrôle autonome de l’intégrité par le récepteur (RAIM) est signalée.
4
Conformité des récepteurs
Les récepteurs GNSS utilisés pour appliquer une séparation seront conformes aux exigences de l’Annexe 10, Volume I, et indiqués dans le plan de vol.
ℹ️ Systèmes intégrés

L’information de distance et de route issue d’un système intégré de navigation incorporant une entrée GNSS est considérée comme équivalente à une information de distance et de route GNSS.

Aides ou méthodes de navigation différentes

Entre des aéronefs qui utilisent des aides de navigation différentes — ou lorsque l’un d’eux utilise un équipement RNAV — la séparation latérale est réalisée en faisant en sorte que les espaces aériens protégés, déterminés en fonction de l’aide de navigation ou de la RNP, ne se chevauchent pas.

🎯 Points clés à mémoriser

  • Intervalle tampon — fixé par l’autorité compétente, il fait partie intégrante du minimum. La distance entre routes ne descend jamais sous la valeur couvrant les erreurs de navigation ; les minimums normalisés l’incluent déjà.
  • Réalisation — routes distinctes ou points géographiques différents identifiables : à vue, par radionavigation ou par RNAV.
  • Panne / dégradation de navigation sous les performances requises → méthodes ou minimums de séparation de remplacement.
  • Virage qui enfreindrait le minimum → autre type ou autre minimum appliqué avant le virage.
  • À survoler : trajectoire à l’extérieur, augmenter la séparation côté extérieur. Par le travers : amorce jusqu’à 37 km (20 NM) avant le point, écart jusqu’à 16,7 km (9,0 NM), trajectoire à l’intérieur.
  • FRT / RF → performance de virage invariable et prévisible.
  • VOR : divergence ≥ 15°, un aéronef à 28 km (15 NM). NDB : divergence ≥ 30°, un aéronef à 28 km (15 NM).
  • GNSS/GNSS et VOR/GNSS : zéro décalage ; distance d’un point commun (15°–135°) = 27,8 km (15 NM) en FL010–FL190 ; 43 km (23 NM) en FL200–FL600.
  • Avant séparation GNSS : confirmer navigation GNSS et absence de décalage si SLOP autorisé ; pas de séparation GNSS si RAIM en panne ; récepteurs conformes à l’Annexe 10, Volume I, et indiqués au plan de vol.
  • Aides différentes / RNAV : les espaces aériens protégés (aide de navigation ou RNP) ne se chevauchent pas.
🛡️ Application & intervalle tampon
Q1 Comment la séparation latérale est-elle appliquée du point de vue de la distance entre routes, et quel rôle joue l’intervalle tampon ?
Réponse :

Elle est appliquée de manière que la distance entre les tronçons des routes prévues ne soit jamais inférieure à une valeur tenant compte des erreurs de navigation, augmentée d’un intervalle tampon. Cet intervalle tampon est fixé par l’autorité compétente et incorporé dans les minimums de séparation latérale, dont il fait partie intégrante. Les minimums normalisés l’intègrent déjà.

Q2 Par quels moyens la séparation latérale entre aéronefs est-elle assurée ?
Réponse :

En demandant aux aéronefs de suivre des routes distinctes ou de survoler des points géographiques différents identifiables, soit à vue, soit au moyen d’installations de radionavigation, soit par l’utilisation d’un équipement de navigation de surface (RNAV).

Q3 Que fait l’ATC en cas de panne ou de dégradation de l’équipement de navigation sous les performances requises ?
Réponse :

Il applique des méthodes ou des minimums de séparation de remplacement, selon les besoins.

↪️ Virages
Q4 Que doit faire le contrôleur lorsqu’un virage spécifié sur la route enfreindrait le minimum de séparation latérale ?
Réponse :

Un autre type de séparation ou un autre minimum doit être appliqué avant que l’aéronef n’amorce le virage.

Q5 Quelle est la différence entre un virage à survoler et un virage par le travers, du point de vue de la trajectoire et de la séparation ?
Réponse :

À survoler : l’aéronef passe à la verticale du point de cheminement puis manœuvre ; sa trajectoire se situe à l’extérieur du point et il faut augmenter la séparation du côté extérieur. Par le travers : l’aéronef peut amorcer le virage jusqu’à 37 km (20 NM) avant le point et s’écarter jusqu’à 16,7 km (9,0 NM) ; sa trajectoire se situe à l’intérieur, avec un risque d’empiéter sur une zone réglementée, interdite ou dangereuse, ou sur une route intérieure.

Q6 Qu’apporte un parcours en arc de rayon constant jusqu’à un repère (RF) ou une transition à rayon fixe (FRT) ?
Réponse :

Une performance de virage invariable, donc une trajectoire prévisible : le rayon est spécifié par le concepteur de l’espace aérien et l’aéronef ajuste son angle d’inclinaison latérale (AOB) pour suivre la trajectoire définie.

📐 Aides de navigation & minimums
Q7 Quelles conditions réalisent la séparation latérale au moyen d’un même VOR ? D’un même NDB ?
Réponse :

VOR : les deux aéronefs stabilisés sur des radiales divergeant d’au moins 15°, l’un d’eux à 28 km (15 NM) ou plus de l’installation. NDB : les deux aéronefs stabilisés sur des routes en rapprochement ou en éloignement du NDB, divergeant d’au moins 30°, l’un d’eux à 28 km (15 NM) ou plus de l’installation.

Q8 Pour la séparation fondée sur le GNSS (GNSS/GNSS ou VOR/GNSS), quelle distance retient-on et de quoi dépend-elle ?
Réponse :

La distance minimale par rapport à un point commun, pour une différence angulaire de 15° à 135°, est de 27,8 km (15 NM) entre FL010 et FL190, et de 43 km (23 NM) entre FL200 et FL600. Chaque aéronef GNSS doit être stabilisé sur une route à zéro décalage ; en VOR/GNSS, l’aéronef au VOR est en plus stabilisé sur une radiale vers ou depuis le VOR. Ces distances sont des distances sol.

Q9 Que doit vérifier le contrôleur avant d’appliquer une séparation de route fondée sur le GNSS, et dans quel cas s’en abstient-il ?
Réponse :

Il confirme que l’aéronef navigue au GNSS et, si des décalages latéraux stratégiques sont autorisés dans l’espace aérien, qu’aucun décalage n’est en cours d’application. La séparation de route fondée sur le GNSS n’est pas appliquée lorsqu’une panne du contrôle autonome de l’intégrité par le récepteur (RAIM) est signalée. Les récepteurs GNSS doivent être conformes à l’Annexe 10, Volume I, et indiqués au plan de vol.

Q10 Comment réalise-t-on la séparation entre aéronefs utilisant des aides de navigation différentes (ou l’un en RNAV) ?
Réponse :

En faisant en sorte que les espaces aériens protégés, déterminés en fonction de l’aide de navigation ou de la RNP, ne se chevauchent pas.